Plus rock, la guitare électrique et le cajon s’y croise, mais toujours folk avec des harmonies vocales. Cet album ouvre la voie de l’écriture en provençal et l’explorations de divers thème : les légendes, la vie, la liberté…
Falsedatz e desmezura An batailla empréza Ab vertat e ab drechura E vens la falséza. E deslialtatz si jura Contra lialéza, E avaretatz s’atura Encontra larguéza !
Feunía vens amór E malvestatz valór, E peccatz cassa sanctór E baratz simpléza.
Si es homs que Dieu descreza, Sos afars enansa Ab que non aia grineza Mas d'emplir sa pansa.
Fausseté et Démesure ont livré bataille contre Vérité et Droiture et Fausseté l’a emporté. Alors, Déloyauté se conjure contre Loyauté, et Avarice s’acharne contre Largesse !
Félonie vainc Amour et Lâcheté Valeur, Péché chasse Sainteté et Fourberie Innocence.
S'il se trouve un homme qui bafoue ses croyances ses affaires prospèrent, bien qu'il ne se soucie que de remplir sa panse.
Su lou camin partissèn ves lou pichot amèu Festejan touti ensem a la lume di gavèu Canto lou marginau coume la vido es amaro Mai es pas criminau un estre que s'esmaro
Descendron de l'uba di jouvènt caminaire Soun vengu retrouba chatouno e coumpaire Balon autour dou fio sauton su la flambado Counèisson aquel lio revenon chasqu'annado
Sur le chemin nous partons vers le petit village Fêtant tous ensemble à la lueur des brasiers Chante le marginal comme la vie est amère Mais est-ce criminel un être qui s'égare
Descendent du nord de jeunes routards Sont venu retrouver les filles et les amis Dansant autour du feu sautant les flammes Ils connaissent cet endroit ils y reviennent chaque année
Un cop i'avié un moument De centeno d'annado Roudavo din lei nèblo Sus la ribo dou Roso I'a un estranger un moustro de legendo Qu'agachavo lei ome Mendican coume rèi
Bloucavo lou fluvi Lei vilo que lou bordo Naviga deven riscous Restaren touti a quèi
Arrouina touti que tarifon lou passage La vido ecounomico enduravo lou raubage
Cregnènt degun ni lou vièi ni lou jouino ni lou richo A mita peissoun a mita retile Uno esquino d'eirissoun mato senso moubilo
Uno femo venié de forço liuen Decido de rescoutra lou maudi vioulen Aluneu su soun bateu alen s’empaluna
Quouro enausse la man L'animau beisse la testo Troube deguno crento Din l'eime moudesto
En faci de la bello La trarasco s’abaucé Doumaci dim se uei Lucié l’esper dou moundo
Marto radurro la bèstio Davans li vilajan L’aclamavons - Qué fèsto ! Paure é soubeiran Cantavon la couquisto La bello Santo Marto
Il y a longtemps Des centaines d’années Rodait dans les brumes Sur les rives du Rhône Il y avait un étranger Un monstre de légende Qui guettait les hommes Le mendiant comme le roi
Il bloquait le fleuve Les villes qui le bordaient Naviguer devint risqué Nous resterons tous à quai
Ruinant tous ceux qui taxent le passage La vie économique subissait le pillage
Craignant personne ni le vieux ni le jeune ni le riche A moitié poisson à moitié reptile Une échine de hérisson tuait sans mobile
Une femme venue de très très loin Décide de rencontrer le maudit prédateur A la faveur de la lune sur son bateau Elle va profond dans le marais
Lorsqu’elle leva la main L’animal baissa la tête Il ne trouva aucune peur Dans cette âme modeste
En face de la belle La tarasque se calme Car dans ses yeux Étincelait l’espoir du monde
Marthe conduit la bête Devant les villageois Ils l’acclamèrent - Quelle fête ! Pauvres et souverains Chantèrent sa conquête La belle sainte Marthe.
Revenen de la vilo M’an touti sadoula Reviéure dificilo Vène de regoula
Cresiéu que li lume jamai me cremavon Aro me counsume patisse mai que tron… Me siéu enmantela D’un vèsti belugejan Au pougnet mostro en or Au det anèu d’argent
Mau-grat tout mis esfort Per faire lou galant
Je reviens de la ville Ils m’ont tous saoulé Retour difficile Je viens de ruisseler
Je croyais que les lumières jamais ne me brûleraient A présent je me consume, j’endure mais qu’importe
Je me suis habillé D’un manteau éblouissant Au poignet montre en Au doigt anneau d’argent
Aro fau resista per lou dre d’eissista S’escapa de si vio Vio senso eissido Trouba lou boun camin aquel de la respelido E din un fres fremin passen per la draio escarido
Evita touti li leco dou gran laberinte Noun se leissa bressa per soun eissado finte
Evoulun de cop qu’es dur Encoro mai sies pas madur Prenes li marrido marcho faron de tu qu’uno gacho Se trouvon a si goust Te prendron a reboust
Desvaria trantaie a l’oumbro de mi doutanço Dison que pantaie oubliden ma maluranço Mau-grat m’adraie tenen lou fiéu d’Ariano Mai ounte d’un pas avance vese baneja li bano
A bout d’alen lou cors en susour Vai ilougicamen entre-vese uno lusour Uno boufaduro d’auro fresco Fin que l’esperit s’alisco
Maintenant il faut résister Pour le droit d’exister S'échapper de ces voies Voies sans issue Trouver le bon chemin Celui du retour à la vie Et dans un frais frémissement Passons par la draille chérie
Éviter tous les pièges Du grand labyrinthe Ne pas se laisser bercer Par sa feinte facile
Évoluer des fois c’est dur Encore plus si t’es pas mûr Si tu prend les mauvaises passes Ils feront de toi qu’une bouchée S’ils te trouvent à leur goût Ils te prendront à rebours
Dérouté je chancelle à l’ombre de mes doutes Ils disent que je rêve Pour oublier mon malheur Malgrès ça je chemine Tenant le fil d’Ariane Mais quand je m’avance d’un pas Je vois pointer les cornes
À bout de souffle le corps en sueur Je vais illogiquement entrevoir une lueur Une bouffée d’air frais Afin que l’esprit se polisse
Liberta per chascun din nosti cor nostis oustau La vido es proun courto per se creire imourtau Durbisses la porto aquel vue es festenau Preste la man a toun prochan d'un géste freirenau
Ma gorjo se coumpremis, s'embalo moun cor La passioun et la douçour rajo din sei rimo Aquel'estranjo luse que moun eime animo espremisson li jouïssenço e li estrambord
Recourdes te li verdo prado esclapes ti cadeno Lis aire riseire a la vesprado lou fio enlabreno Refasien lou mounde mi cambarado seguissen chascun nostis astrado
Liberté pour chacun dans nos cœurs dans nos foyers La vie est trop courte pour se croire immortel Ouvres la porte pour faire la fête Prête la main à ton prochain d’un geste fraternel
Ma gorge se comprime, s’emballe mon coeur La passion et la douceur ragent dans ses rimes Quelle étrange lueur anime mon âme Exprimant les réjouissances et les débordements
Rappelles-toi les vertes prairies Brises tes chaines Les airs rieurs de la soirée Le feu fascine Nous refaisons le monde mes amis Suivant chacun nos destinées
Rentre à l’oustau carga de remèmbre Pausa ma carcasso dou fre de nouvèmbre Toumbe li ciprés serre li esclapo Quouro finissès d’acampa li clapo
Din l’aubo fouscouso me mudo sèn brut Naturo dormihouso l’ome es revengu Se jamai te destourbe de mi cop de destrau Saches que m’estourbon li boufadisso dou mistrau
Mai se ges boulegue contro lou gèu lucho L’esquino se plego la regalido reducho Respelisses lou fougau te countara mis escapado Au boun tèms coume un rigau cantavo la saisoun passado
Je rentre à la maison chargé de souvenir Pauser ma carcasse du froid de novembre Je tombe les cyprès je scie les bûches Pendant que tu finis d’entasser les éclats de bois
Dans l’aube obscure je me meus sans bruit Nature endormi l’homme est revenu Si jamais je te dérange de mes coups de hache Saches que m'assomment les rafales du mistral
Mais si je ne bouge pas contre le froid je lutte Le dos se plie la flambée se réduit Ranime le foyer je te conterais mes escapades Au beau temps comme un rouge-gorge je chantais la saison passée
Se lo ben èra lo mal Se lo mal èra lo ben Lo lagui se faria veser Atal sera mon ben grand Que vendrai l’egal d’un san
Mestre del ben e del mal Podriai dins lo meu trabalh Lo mal ja fach lo desfaire E lo ben a far lo faire ben Aquo’s mon voler
Si le bien était le mal Si le mal était le bien Les soucis pourraient aller se faire voir Car si grand serais le bien que j’ai fait Que je deviendrais l’égal d’un saint
Maître du bien et du mal Je pourrais travailler au mieux Le mal déjà fait le défaire Et le bien à faire le faire bien Voila mon désir
Se canto que recanto Se canto pas per iéu Se canto per ma mîo Qu’es au liuen de ieu
A la font de Nîmes I’a un amelié Que fai des flour blanca Au mes de janvier Souto ma fenestro I’a un aceloun Touto la nieu canto Canto sa cansoun
A la font de Nîmes I’a un amelié Que fai des flour blanca Au mes de janvier Aquéli flour blanca eron d’ameloun Culiriéu d’amelo Per ieu e per vous
Aquéli mountagno Que tant auto soun M’empachon de vèire Mi amour ount soun Auto Auto, bèn soun auto, Mai s'abeissaran E mis amoureto Pèr iéu revendran.
S’il chante, qu’il chante Il ne chante pas pour moi Il chante pour ma mie Qui est loin de moi
À la fontaine de Nîmes Il y a un amandier Qui fait des fleurs blanches Au mois de janvier Et sous ma fenêtre Il y a un petit oiseau Toute la nuit il chante Chante sa chanson
À la fontaine de Nîmes Il y a un amandier Qui fait des fleurs blanches Au mois de janvier Si ces fleurs blanches étaient des petites amandes Je cueillerais des amandes Pour moi et pour vous.
Ces montagnes Qui sont si hautes M’empêchent de voir Où sont mes amours Hautes, elles sont bien hautes, Mais elles s'abaisseront Et mes amourettes Me reviendront.
Al sèti de Belcaire venc lo coms naturaus Per mieg la Condamina dretamens als portaus Li liurèron las portas e’lh rendèron las claus
E’l poble d’Avinhon venc per Roser ab naus De Tarascon ichiron e coron als estraus E tuit passero l’aiga e intrero els caus
Per mieg la vila cridan nostre senhor coraus Intra per mieg la vila el gautz esperitaus Li liurèron las portas e’lh rendèron las claus
Au siège de Beaucaire vint le comte légitime Droit jusqu’aux portails par la Comdamine Ils lui livrèrent les portes et lui rendirent les clefs
Le peuple d’Avignon arriva sur des bateaux par le Rhône Ceux de Tarascon sortirent et coururent aux rames Et tous passèrent le fleuve et entrèrent dans le fort
La foule va criant dans la ville Notre seigneur bien aimé ! Dans la ville est entrée la joie de nos âmes Ils lui livrèrent les portes et lui rendirent les clefs